L’envers et l’endroit
Retournez un tableau d’Aston contre le mur, vous aurez la surprise de voir surgir un autre tableau! Fait de dessins, collages, trempages. Dans son atelier-chambre ou l’artiste travaille sans relâche défilent sans cesse amis, voisins ou simples curieux. Il leur confie quelquefois le soin de représenter un motif libre. Apparaissent alors des formes diverses, entremêlées. Les collages sont essentiellement des coupures de journaux : texte, photos, illustrations, cartes géographiques, s’assemblent, s’épaulent, se contredisent. Quand aux trempages, « il s’agit de mélanger les pigments à l’eau et d’apposer le support-papier à la surface du liquide immobile. C’est tout. C’est l’eau qui fait le dessin ». De fait, on voit surgir des motifs bariolés, souvent fantastiques.

Sculptures
Introdruit avec le fameux Akpémi akou, la sculpture prend de plus en plus une place prépondérante dans l’oeuvre d’Aston. Les matériaux sont de plus en plus réduits, l’oeuvre plus homogène. Elle peut avoir un aspect caricatural comme Le représentant de Dieu sur terre, descriptif comme AKPAKOU, ou figurer une scène de groupe Le concert.
Aston a l’ambition de créer un atelier de formation des jeunes à la démarche artistique.
Hubert

Aston est musicien. A la guitare ou à la guitare-basse, vous pouvez le voir et l’entendre accompagner les jeunes chanteurs qui, comme les jeunes plasticiens, font couler un sang nouveau dans les veines artistiques du Bénin.

Un peu pour son plaisir, un peu pour gagner vie,beaucoup pour faire des cadeaux aux amis, il peignait des tableaux ou des portraits et puis, vers octobre 1999, ce garçon discret, presque timide, s’est révolté, une révolte toute intérieure, contre les agressions faites à l’environnement : littoral pollué, rues jonchées de sacs plastiques, « vons » encombrés de détritus de toutes sortes, pollution atmosphérique et indifférence généralisée.
Alors, il s’est mis à ramasser, partout, sur les plages, dans la brousse, dans les caniveaux, autour des poubelles, ces débris, orphelins d’une société devenue consommatrice, à les assembler avec frénésie, les coller, les recycler en oeuvres d’art.

Son but, son obsession : sensibiliser la jeunesse, former les jeunes pour sauver un environnement menacé par l’apathie ou l’inconscience de dirigeants et de consommateurs apparemment peu préoccupés par l’écologie.

Florent Couao-Zotti
Extrait du catalogue de l’exposition L’harmattan 2000